Le rôle des rigoles est essentiel pour le territoire du Plateau de Saclay. Préserver leurs fonctions hydrauliques constitue un enjeu environnemental et de sécurité. Ce réseau, à cheval sur l’Essonne et les Yvelines, a fait ses preuves pendant des siècles afin d'assurer l’alimentation en eau des fontaines du Château de Versailles. Mais il s’agit aussi de pérenniser la fertilité des terres du plateau de Saclay. Enfin, pour les habitants, l’enjeu est de favoriser la biodiversité du milieu végétal et de prévenir les inondations.

Préserver l'agriculture

Nous l'avons déjà dit mais il est bon de le rappeler : les terres du plateau du fait de leur configuration argileuse et de la présence d'une nappe d'eau à proximité de la surface redeviendraient des marécages insalubres si non seulement le réseau des rigoles mais également le drainage mis en place, étaient laissés trop longtemps à l'abandon ou si, comme cela a été trop souvent le cas pendant les « Trente glorieuses » des travaux réalisés de façon inconsidérée, venaient à rendre le réseau de rigoles et les drains inopérants. De ce fait la richesse agricole de notre plateau se réduirait comme peau de chagrin et les rendements diminueraient de façon drastique. L'approvisionnement alimentaire, en circuits courts, des populations futures qui est l'une des conditions du développement durable, serait ainsi gravement compromis.

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Préserver la biodiversité

La biodiversité est la diversité, en principe naturelle, des organismes vivants. Son maintien est une composante essentielle du développement durable et même de la vie. N'ayant pas une origine naturelle mais humaine, les rigoles du Plateau présentent une uniformité d'habitats proposés à la vie aquatique. Cette absence de diversité a été en partie responsable de la disparition de certains taxons de la faune aquatique. A qualité d'eau égale, la colonisation du milieu aquatique par une faune diversifiée sera meilleure, si on lui offre des possibilités d'habitats différenciés afin de se nourrir, de vivre et de s'y reproduire. Ces habitats sont constitués, le plus souvent par la végétation aquatique et rivulaire, les feuilles, branchages, litière en décomposition, les pierres qui facilitent ou retiennent l'écoulement de l'eau.

C'est pourquoi le SYB programme chaque année un entretien sélectif visant à diversifier la mosaïque floristique, seule garante d'une faune riche en espèces différenciées. Il réalise également de petites mares, et effectue des campagnes de plantations et d'abaissement des berges. Les matières organiques grossières telles que les feuilles, branches, litière en décomposition sont d'excellents habitats pour la faune benthique et sont souvent des lieux de fraie. Elles doivent provenir d'un apport naturel par ailleurs non excessif et en aucun cas de zones urbaines ou polluées car trop putrides pour être favorables à la vie. En aucun cas des produits de la fauche ne doivent ainsi être rejetés en rivière. C'est grâce à ces actions, qu'entre autres, trois espèces de tritons peuvent de nouveau s'ébattre et diverses chauves souris nocturnes s'en donner à cœur joie...

A chaque problème sa solution. Ainsi l'absence de végétation aquatique peut être due à une pollution ou bien à une absence de lumière à cause d'un milieu arbustif trop fermé. Dans le premier cas le SYB va éliminer la ou les causes de pollution et leur produit tel que les algues filamenteuses, dans le second cas il va entretenir la ripisylve afin qu'elle n'envahisse pas le cours d'eau.

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Préserver de la pollution et des plantes invasives

Il convient, en effet, de restaurer systématiquement la végétation rivulaire car elle joue un rôle fondamental, en limitant l'érosion des berges, le ruissellement et donc l'apport polluant, en favorisant l'autoépuration et en créant des zones refuges pour la faune. Ainsi, la restauration des berges, associée à l'installation de caissons et de radeaux végétalisés est source de biodiversité. Mais la lutte contre la pollution passe également par la recherche des arrivées polluantes ainsi que l'identification du propriétaire suspect : telle est la tâche du garde-rigoles. En effet nombre de ces rejets correspondent souvent à de mauvais raccordements des eaux domestiques et peuvent être sources de pollutions « organiques » entraînant des phénomènes d'eutrophisation du cours d'eau.

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On peut assimiler à de la lutte contre la pollution, celle destinée à intervenir contre les plantes invasives qui ont pour effet d'éliminer les autres plantes et de diminuer l'écoulement de l'eau. Chaque année un programme spécifique est fixé pour recenser la localisation de ces plantes et leur volume et décider des interventions à mener. La principale plante invasive actuelle est la Renouée du Japon, sorte de bambou vert qui adore les milieux humides : sa progression est confinée mais le problème n'est pas résolu à ce jour. Il convient en effet que le débit de l'eau ne soit pas supérieur à xL/seconde pour que la rigole puisse jouer son rôle de filtre tout en faisant fonction d'exutoire pour les eux de ruissellements et laisser l'eau s'écouler. Cela est obtenu grâce à une pente de...

Préserver des inondations

C'est un rôle que les rigoles jouent depuis fort longtemps en drainant l'eau des champs mais il s'agit bien d'une stratégie totalement innovante de gestion des eaux du Plateau que l'Etablissement public Paris-Saclay (EPPS) et le SYB ont mise en place, en signant en 2012 une convention visant à réaliser conjointement des études de modélisation du réseau hydrologique du plateau et de reconnexion de la rigole de Corbeville. Ces études doivent permettre la réalisation du projet de campus urbain sur la frange sud du plateau, en réduisant le risque de crues et d'inondations dans les vallées voisines.

Cette stratégie innove sur deux points essentiels :
- les dispositifs de rétention douce à la parcelle seront généralisés.
- les espaces publics assureront, pour chaque quartier, le stockage de l'eau excédentaire de façon à rester en deçà des limites d'écoulements les plus strictes édictées par les autorités compétentes : débit de fuite maximal de 0,7 litre/seconde/hectare pour une pluie de période de retour 50 ans. Pour obtenir cela et assurer de plus une dépollution efficace, la pente des rigoles est en moyenne de 0,3mm/m depuis leur construction, ce qui est remarquable.

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Ces études servent de base à une gestion coordonnée des écoulements sur le plateau et vers les vallées, en s'appuyant sur le réseau historique des rigoles rénovées. Cette gestion globale permettra d'anticiper la gestion des évènements pluvieux très exceptionnels et sera favorable au développement de la biodiversité des étangs et rigoles. La création de zones humides, s'appuyant sur ce même réseau, prévue par l'architecte-paysager Michel Desvignes afin de réaliser une transition douce entre ville et champs, tant sur le plan visuel que sur celui des eaux de ruissellements, s'inscrit dans le même cadre de gestion d'une hydrographie respectueuse de la biodiversité.

En dehors de ces travaux de prévention, le SYB suit et gère les situations de crises : il devient opérationnel dès l'apparition d'une pré-alerte via la télégestion et des moyens techniques sont mis à sa disposition ; il peut même, si nécessaire réquisitionner des entreprises et des équipements. Un système de mesures des pluies et hauteurs d'eau avec télétransmission est en permanence opérationnel sur la rigole de Châteaufort et le Bassin des Biches : le SYB envisage de l'étendre aux autres rigoles. Durant les périodes à risques, le garde-rigoles assure le suivi des points sensibles, ouvre ou ferme les vannes nécessaires et alerte les communes dès les premières montées d'eau. Les interventions de terrain ainsi que la mise en sécurité des voiries suivent si nécessaire : elles reposent sur du personnel d'astreinte.

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